Quand UKclimbing interroge l’un de nos coach nationaux : Nicolas Januel

Lors du dernier stage de l’équipe de France de bloc à Innsbruck, Nicolas Januel s’est vu approché et interviewé par un journaliste local et rédacteur du site internet www.innsbruck2018.com et Ukclimbing.com.

Nous vous l’avons traduit et « synthétisé ».
Pour retrouver l’article complet c’est ici que ça se passe -> https://www.ukclimbing.com/news/item/71233/nicolas_januel_french_national_bouldering_team_coach

Pour ceux qui ne le connaissent pas, petite présentation du personnage :

Aujourd’hui entraineur de l’équipe de France de Bloc d’escalade et anciennement grimpeur de haut niveau sur le circuit mondial il a débuté son parcours d’entraineur au sein de la FFME avec les équipes Jeunes.

Depuis 2012 il est officiellement entraineur référant sur les équipes Seniors avec son acolyte Remi Samyn.
Notons également, pour ceux qui ne le savent pas, que Nicolas s’est donné un petit défi sur l’année 2014 en participant aux championnats de France ou il finit 3ème, autant vous dire qu’il est encore en grande forme le monsieur.

Justement, notre journaliste Autrichien lui a tiré quelques vers du nez :

Comment équilibrez-vous votre travail et votre propre progression en escalade ?
Dans les 4 ou 5 dernières années, je ne peux pas vraiment dire que j’ai progressé en dehors de mon travail (manque d’entrainement). Cela dit, lorsque nous ouvrons des blocs au Pole France il est essentiel de tester et de caler ces derniers donc on peut vite se tirer la bourre entre nous et donc se sortir les doigts, ce qui me permet de maintenir un petit niveau.

En revanche, avec le temps, je pense que si je reviens dans la compétition malgré mes 34 ans je pourrais faire de meilleurs résultats que ce que j’ai pu faire dans le passé.
Il y a des choses que l’on comprend qu’avec le temps et le recul comme l’approche d’une compétition que l’on essaye vraiment d’inculquer à nos athlètes.

l’expérience en tant que grimpeur de haut niveau est elle vraiment nécessaire pour devenir coach ?

Vous n’avez pas nécessairement besoin d’une grande expérience en tant que grimpeur de haut niveau. Ce qui est primordial est de toujours se questionner sur l’évolution de la discipline et surtout sur l’entrainement pour pouvoir s’accommoder et s’ajuster sur l’avenir du sport et de la compétition.
C’est d’ailleurs pour ça que nos résultats ont été plus mauvais qu’en 2016. Cette année nous n’avons pas réussi à anticiper…

Avez vous une idée de ce que va devenir le bloc de demain ?

Il y a dix ans, le style était très physique et dit « basique » pour ensuite tendre vers quelque chose de très technique. Je pense que l’avenir du bloc réside dans un bon mix des compétences physiques et techniques où la coordination devra également être parfaitement gérée.

Pouvez-vous décrire votre philosophie d’entraînement?

J’essaye de mettre les grimpeurs face à leurs responsabilités et m’assurer qu’ils sont très motivés. Autrement dit, sur un niveau émotionnel, savoir ce qu’ils veulent et les faire réagir sur la chance qu’ils ont de pouvoir suivre un entrainement spécifique.
Au pôle France nous avons un dicton : « Pas de barrières ».
En ce sens, ne jamais entendre « je ne peux pas mieux faire » et donc, logiquement, se conditionner à ne pas avoir de limites auto-imposées.

Vous avez accueilli les derniers championnats du monde, comment l’avez vous vécu ?

Nous nous sommes concentrés sur les aspects positifs que cela nous apportait : on est à la maison et la foule sera derrière nous.
C’est toujours agréable de pouvoir se rendre sur une compétition non loin chez de nous et c’est encore mieux quand c’est à 30minutes de métro.

Préparez vous les championnats de 2018 de la même façon que ceux de 2016 ?

Non ce sera forcément différent car c’est un endroit différent.
Une fois que nous auront pris connaissance des ouvreurs, des marques de prises utilisées et les autres paramètres à prendre en compte alors là on pourra orienter notre entrainement !
Néanmoins, ce qui reste certain c’est que les meilleurs Français se prépareront au mieux pour cet événement, même si certains s’entraineront également pour le format olympique en parallèle.

L’équipe Japonaise a largement dominé cette saison, comment pouvez vous expliquer cela ?

C’est une question que beaucoup de monde se pose et la réponse est difficile à donner.
Je pense qu’il y a plusieurs facteurs. Il a la dynamique du groupe, ils s’entrainent tous ensemble et se motivent les uns les autres, il y a une vraie notion de communauté.
En devenant champion du monde, Tomoa Narasaki a sans doute enlevé certaines barrières mentales auprès de ses coéquipiers qui se sont dit que eux aussi peuvent le faire.
Il ne faut pas négliger l’aspect génétique qui est tout de même excellent pour la pratique du bloc.
Après ça, on peut aussi mettre sur la table l’aspect culturel ou la rigueur et le travail font partie intégrante de leur culture. Ils sont très consciencieux tant sur l’échauffement/préparation que sur la récupération.

Pensez vous que cette dominante va continuer dans le temps ou elle va s’essouffler ?

Je pense que les japonais ne vont pas se mettre à régresser par magie mais bien au contraire, ils vont devenir de plus en plus fort !

Je pense notamment aux femmes qui ne sont pas encore touchées par ce phénomène asiatique mais on le voit déjà en jeune et quand elles vont rentrer sur le circuit senior, ça va faire très mal.
Nous devrions nous inspirer, nous manquons indéniablement de rigueur et particulièrement quand il s’agit de s’échauffer ou de s’étirer.

Etes vous satisfait des résultats de l’équipe de France sur cette année ?

Non, je ne suis certainement pas satisfait. L’année dernière, nous avons eu une merveilleuse fin de saison avec les championnats du monde et nous n’avons pas réussi à garder cette dynamique sur cette année 2017.
Cela dit, nous avons pris nos dispositions et la saison n’est pas encore finie !
Nous avons durement travaillé pour la dernière étape à Munich alors on verra si le travail portera ses fruits.

Pour finir, un petit question/réponse :

thé ou café ? Café
Steak ou tartare? Steak.
Bleau ou Rocklands? Bleau !
Vainqueur des étapes de coupe du monde ou Champion du monde ? Champion olympique !
7 français en demi ou un seul sur le podium ? un sur le podium.
Le compétiteur le plus impressionnant .. Kilian Fischhuber.
Le meilleur bloc.. Super Prestat, Bas Cuvier.
Ton moment préféré en tant que grimpeur… Ma première fois à Fontainebleau

Directeur d'une agence de communication et passionné d'escalade.

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