Légende d’une carte IGN : que disent les signes qu’on ne regarde jamais ?

Mis à jour le 6 septembre 2026

La carte est dépliée sur la table, le tracé est surligné, et pourtant la seule chose qu’on regarde vraiment, c’est le trait rouge du sentier et le nom du col. Tout le reste, les traits fins bistre, les petits carrés noirs, les hachures bleues, les traits bleus en pointillé, sert de décor. C’est précisément là que se trouve l’information qui fait la différence entre une sortie qui se déroule comme prévu et une sortie où l’on découvre le terrain en y arrivant.

La légende d’une carte IGN au 1 : 25 000 tient sur une feuille, elle est identique d’une carte à l’autre, et une dizaine de signes suffisent à lire un itinéraire avant de partir. Voici ceux qui changent une décision, et le calcul qui permet de convertir un écartement de courbes en pourcentage de pente sans sortir de rapporteur.

En bref

  • Sur une carte au 1 : 25 000, 1 cm sur le papier vaut 250 m sur le terrain, et 1 mm vaut 25 m.
  • L’équidistance des courbes de niveau est en général de 10 m sur les cartes TOP 25, et la valeur exacte est écrite dans la légende de chaque carte.
  • Une courbe maîtresse, en trait épais, revient tous les 5 intervalles, soit 50 m de dénivelé.
  • Le calcul à retenir : deux courbes espacées de 1 mm indiquent une pente de 40 %, soit 22 degrés. À 4 mm, la pente tombe à 10 %.
  • Les courbes en pointillé signalent un relief faible : dans ce cas, l’équidistance est divisée par deux.
  • Le bistre est réservé aux courbes de niveau, sauf sur les glaciers et les neiges éternelles, où elles passent en bleu.

Que signifie l’échelle 1 : 25 000 sur le terrain ?

L’échelle est un rapport de réduction. Au 1 : 25 000, un centimètre de carte représente 25 000 cm de terrain, soit 250 m. Le quadrillage bleu imprimé sur les cartes IGN est un carroyage kilométrique : chaque carreau fait 4 cm de côté et donc 1 km sur le terrain.

Cette conversion sert tout le temps. Une distance mesurée à la ficelle sur la carte, multipliée par 250, donne des mètres. Un tracé de 12 cm mesuré au fil représente 3 km. Et surtout, l’œil apprend vite à évaluer : la largeur d’un doigt sur la carte, environ 1,5 cm, vaut à peu près 375 m.

Attention à une confusion fréquente : la distance lue sur la carte est une distance horizontale, une projection à plat. Dans une montée raide, le chemin réellement parcouru est plus long. À 40 % de pente, il l’est d’environ 8 %, ce qui reste faible. C’est le dénivelé, pas l’allongement, qui coûte du temps.

Comment lire les courbes de niveau sans se tromper ?

Une courbe de niveau est l’intersection imaginaire entre le terrain et un plan horizontal. Tous les points d’une même courbe sont donc à la même altitude, et la ligne épouse la forme du relief.

La distance verticale entre deux courbes successives s’appelle l’équidistance. Elle est écrite dans la légende, et vaut en général 10 m sur les cartes TOP 25. Parmi ces courbes, une sur cinq est tracée en trait plus épais : c’est une courbe maîtresse, et elle porte son altitude écrite le long du trait. Entre deux courbes maîtresses, il y a donc quatre courbes intermédiaires et cinq intervalles, soit 50 m de dénivelé.

Dans les zones de très faible relief, l’IGN ajoute des courbes en pointillé. Elles valent la moitié de l’équidistance, soit 5 m quand l’équidistance principale est de 10 m. Les compter comme des courbes pleines fait doubler le dénivelé estimé.

Un détail que peu de gens remarquent : sur les glaciers et les neiges éternelles, les courbes ne sont plus bistre mais bleues. C’est un signal immédiat, avant même de lire le nom : ce qu’on traverse est un glacier, pas un névé de printemps.

Comment convertir un écartement de courbes en pente ?

Voici le calcul qui manque à la plupart des explications. Il ne demande aucun instrument.

Au 1 : 25 000, 1 mm de carte vaut 25 m sur le terrain. Si deux courbes séparées par 10 m de dénivelé sont distantes de 1 mm, la pente vaut 10 m de hauteur pour 25 m de distance horizontale, soit 40 %, ou 21,8 degrés. C’est déjà une pente raide, celle d’un sentier qui monte franchement.

Le reste se déduit par proportionnalité, puisque la pente est inversement proportionnelle à l’écartement.

Écartement entre deux courbes Distance réelle Pente (équidistance 10 m) Ce que c’est sur le terrain
0,5 mm 12,5 m 80 % soit 39° Barre rocheuse ou couloir, pas un sentier
1 mm 25 m 40 % soit 22° Sentier de montagne raide
2 mm 50 m 20 % soit 11° Montée soutenue mais roulante
4 mm 100 m 10 % soit 6° Faux plat montant
1 cm 250 m 4 % soit 2° Terrain quasi plat

La règle utile à mémoriser tient en une phrase : un millimètre entre deux courbes, c’est 40 % de pente. Et comme la relation est inverse, il suffit de diviser : deux millimètres donnent 20 %, quatre millimètres donnent 10 %. Sur une carte où les courbes se touchent presque, on est face à une falaise, et le sentier tracé en rouge à cet endroit passe forcément par un artifice, une vire ou des lacets serrés qui n’apparaissent pas au 1 : 25 000.

Quels signes de la légende changent une décision ?

Une poignée de symboles porte des conséquences pratiques, bien plus que le reste.

Les hachures bleues signalent une zone humide, marais ou tourbière. Elles annoncent un terrain qui se traverse mal après la pluie, et parfois pas du tout au printemps.

Les traits bleus en pointillé désignent un cours d’eau intermittent. C’est l’information à connaître avant de compter sur un point d’eau en fin de journée : le ruisseau du printemps peut être à sec en août.

Les petits points noirs serrés représentent des éboulis ou des pierriers. Sur un itinéraire, ils annoncent une progression deux fois plus lente que sur un sentier, à dénivelé égal.

Le tireté noir fin correspond à un sentier, le tireté plus large à un chemin. Un sentier tracé sur la carte n’est pas une garantie d’entretien : c’est un objet cartographique, pas un engagement.

Enfin, la mention d’une équidistance différente, souvent 5 m en zone de plaine ou 20 m sur certaines cartes de haute montagne, se lit uniquement dans le bandeau de légende. Elle change tous les calculs de pente d’un facteur deux.

Comment estimer un dénivelé rien qu’en comptant les courbes ?

La méthode est mécanique et suffisamment fiable pour préparer une sortie. On suit le tracé du doigt et on compte les courbes maîtresses traversées en montée, puis on multiplie par 50 m. Les courbes intermédiaires en début et en fin de parcours s’ajoutent par tranches de 10 m.

Un itinéraire qui traverse six courbes maîtresses en montée représente donc 300 m de dénivelé positif au minimum. Le mot minimum compte : les replats et les descentes intermédiaires ajoutent du dénivelé cumulé que ce comptage ne voit pas. Sur un parcours en balcon, l’écart entre le dénivelé compté de cette façon et le dénivelé cumulé réel dépasse couramment 30 %.

Pour repérer le sens de la pente, deux indices suffisent. L’altitude écrite sur les courbes maîtresses est orientée de manière à se lire en regardant vers le haut de la pente. Et les courbes forment des V dont la pointe remonte vers l’amont quand il s’agit d’un talweg, c’est-à-dire d’un vallon ou d’un ruisseau, alors qu’elles forment des U arrondis pointés vers l’aval sur une croupe.

Où trouver la légende officielle et les cartes ?

La légende complète est imprimée sur chaque carte pliée, dans le bandeau. Elle est identique sur toute la série TOP 25, ce qui permet de l’apprendre une fois.

En version numérique, les mêmes données correspondent au produit SCAN 25 Touristique, qui est la version raster de la carte au 1 : 25 000 diffusée par l’IGN. C’est ce fond de carte que reprennent la plupart des applications de randonnée, avec la même symbologie et la même équidistance.

Questions fréquentes

Une carte au 1 : 50 000 se lit-elle de la même façon ?

Les signes sont les mêmes, mais les distances doublent : 1 cm vaut 500 m, et 1 mm vaut 50 m. L’équidistance est en général de 20 m. Le calcul de pente change donc : deux courbes à 1 mm d’écart correspondent à 20 m sur 50 m, soit toujours 40 %. Le hasard fait bien les choses, la règle du millimètre reste valable.

Pourquoi certaines courbes disparaissent-elles en zone rocheuse ?

Dans les falaises et les barres, les courbes seraient si serrées qu’elles se confondraient. L’IGN les remplace par un figuré rocheux, un dessin en hachures qui rend le relief mais ne donne plus d’altitude ligne par ligne. C’est le signal le plus clair qu’il n’y a pas de passage évident.

Le carroyage bleu correspond-il aux coordonnées GPS ?

Le carroyage kilométrique des cartes IGN récentes est exprimé en projection Lambert 93, alors qu’un GPS affiche par défaut des coordonnées en latitude et longitude WGS84. Les deux ne se lisent pas directement l’un dans l’autre. Les amorces de latitude et de longitude figurent cependant sur les bords de la carte, en petits traits.

Que veut dire une altitude entourée d’un petit cercle ?

C’est un point coté : un point dont l’altitude a été mesurée précisément, souvent un sommet, un col ou un carrefour. Il sert de repère de calage quand on estime une altitude entre deux courbes.

Peut-on se fier aux sentiers en tireté pour un itinéraire ?

Ils indiquent l’existence d’un tracé au moment du levé, pas son état actuel ni son niveau de difficulté. Un sentier peut être effacé par un éboulement, envahi, ou coupé par une clôture. La carte donne la géométrie, pas la praticabilité.

Sources

Altitude Rando, équidistance et courbes maîtresses des cartes TOP 25 : altituderando.com/Comment-lire-une-carte-IGN-de-randonnee

Géoservices IGN, produit SCAN 25 Touristique : geoservices.ign.fr/scan25-touristique

Les valeurs de pente données ici supposent une équidistance de 10 m. Il faut toujours vérifier celle qui est indiquée dans le bandeau de la carte utilisée, car elle change d’une série à l’autre.