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Grimpe·Haut
Grimpeur encordé au relais, vérifiant le nœud de cabestan
Sécurité

Nœud de cabestan : à quoi sert-il vraiment au relais ?

Par · · 6 min de lecture

Au relais, les gestes s’enchaînent vite : clipper, se placer, se mettre en sécurité avant de penser à l’assurage. Beaucoup de grimpeurs ont appris le nœud de cabestan en stage et le refont ensuite sans trop savoir pourquoi la corde plutôt qu’une longe, ni pourquoi on le règle plutôt que de le serrer une fois pour toutes. Ce nœud d’apparence modeste engage pourtant la manière de se tenir sur un point d’ancrage, et il ressemble beaucoup à un autre nœud, d’usage opposé.

En bref

  • Au relais, le nœud de cabestan sert à s’auto-assurer sur la corde d’encordement, dans un mousqueton à verrouillage fixé au point central du relais, avec une longueur qui se règle avec précision et rapidement.
  • Le fabricant le définit comme un « nœud d’amarrage rapide à régler » ; le demi-cabestan, lui, est un « nœud de freinage » qui ne bloque pas la corde.
  • Se longer à distance du relais, sur la corde avec un cabestan, laisse à l’assureur plus de place pour dynamiser une chute du leader.
  • Le facteur de chute est le rapport entre la hauteur de chute et la longueur de corde disponible ; il est compris entre 0 et 2 en escalade.
  • Longé au relais, on ne subit que son poids tant que l’on reste en tension ; une chute sur la longe produit un effort dynamique qui peut dépasser ce que supporte le relais.

À quoi sert le nœud de cabestan sur un relais ?

Il sert à se vacher au relais avec la corde qui relie déjà le grimpeur à son baudrier, en réglant sa distance au point d’ancrage. Le cabestan est attaché au point central du relais avec un mousqueton à verrouillage, et sa longueur s’ajuste avec précision et rapidité : il suffit de tirer sur le milieu du nœud et de déplacer la corde dans la direction voulue. Les consignes d’un club alpin lui réservent le même rôle : le système auxiliaire de relais, un bout de corde noué d’environ 2 m muni de deux mousquetons à verrouillage, se complète d’un cabestan « pour réglage de la distance ».

Le réglage change les conditions de travail. Le fabricant précise que, si le terrain le permet, se longer à distance du relais, sur la corde avec un cabestan par exemple, donne à l’assureur plus de place pour se déplacer et dynamiser une chute du leader, ce qui limite le risque de heurter le relais ou la paroi.

Cabestan ou longe : que change le facteur de chute ?

Le facteur de chute décide de la sévérité de l’arrêt, et il dépend de la longueur de corde qui travaille, non de la hauteur de chute. Il se calcule en divisant la hauteur de chute par la longueur de corde entre l’assureur et le grimpeur, et il ne vaut que pour une corde dynamique.

SituationHauteur de chuteLongueur de cordeFacteur
Exemple du fabricant, cas 14 m10 m0,4
Exemple du fabricant, cas 24 m2 m2
Longe de 60 cm, grimpeur monté à 60 cm au-dessus de l’amarrage1,20 m0,60 m2

Les deux premières lignes sont les exemples de Petzl ; la troisième applique la même formule : 1,20 ÷ 0,60 = 2, la valeur maximale. Rester en tension est la consigne de fond : lorsque les grimpeurs sont longés, seul leur poids est appliqué au relais, mais cet effort peut être dépassé en cas de chute sur la longe, et rester en tension, en aval de l’ancrage, limite ce risque. Avec un cabestan, c’est la longueur de corde entre le nœud et le harnais qui compte, et la régler court en restant tendu limite la chute libre.

La longe elle-même doit, selon la FFME, être amovible en corde dynamique et munie d’un connecteur de sécurité ; les longes manufacturées s’utilisent selon la notice du fabricant.

Comment faire un nœud de cabestan sur le mousqueton du relais ?

La méthode d’un club alpin tient en trois gestes :

  1. Réaliser deux boucles dans la corde.
  2. Superposer les deux boucles en les croisant, de façon que le brin supérieur de la boucle de droite passe sous le brin inférieur de la boucle de gauche.
  3. Enfiler les deux boucles ainsi positionnées sur le mousqueton.

Le mousqueton est à verrouillage, et il est refermé et verrouillé avant que le grimpeur ne charge le nœud. Le nœud de huit reste, lui, le nœud d’encordement : la FFME recommande le huit tressé avec un nœud d’arrêt.

Cabestan ou demi-cabestan : comment ne pas les confondre ?

Le cabestan amarre, le demi-cabestan freine. Le premier est un « nœud d’amarrage rapide à régler » ; le second, un « nœud de freinage » qui ne bloque pas la corde. Le demi-cabestan n’est pas un nœud au sens strict mais une boucle qui permet le freinage. Il sert à assurer en tête ou en second et à descendre un partenaire en rappel, et il fonctionne le mieux sur un mousqueton en forme de poire fait pour l’assurage.

Son inconvénient majeur est de vriller fortement les cordes et de les user par frottement : son utilisation doit rester aussi rare que possible, par exemple quand le descendeur a été oublié ou perdu. Pour assurer un partenaire nettement plus lourd, l’appareil et la position comptent davantage que le nœud : voir l’article sur l’assurage d’un grimpeur plus lourd que soi.

Quelles sont les limites du cabestan au relais ?

Le cabestan ne rend pas bon un mauvais relais. Un relais doit être constitué d’au moins deux ancrages reliés entre eux, pour anticiper la rupture de l’un d’eux. Un écart de poids important entre grimpeur et assureur, ou un facteur de chute important, augmente le risque de projection de l’assureur contre le relais.

La règle de gestion tient en peu de mots : on se vache avant de se déplacer, et on ne défait son lien qu’une fois la suite assurée. Pour la manœuvre de haut de voie, la FFME demande de se vacher au relais, d’avertir l’assureur en disant « bloque ! », de contrôler l’installation, puis de ne défaire sa longe qu’une fois bloqué par l’assureur. Ces gestes se pratiquent encadrés, en club ou avec un moniteur : le fabricant rappelle que ces techniques demandent une formation et un entraînement spécifiques.

Questions fréquentes

Peut-on s’encorder avec un nœud de cabestan ?

Non. Pour s’encorder, la FFME recommande un nœud de huit tressé avec un nœud d’arrêt serré contre lui, avec un bout libre suffisant. Le cabestan est un nœud d’amarrage à régler, pas un nœud d’encordement.

Le cabestan règle-t-il aussi la sangle d’un relais ?

Oui, sur un relais non triangulé à deux ancrages : il permet de régler la longueur de sangle entre les ancrages, et la tension de la sangle limite le risque de choc en bout de sangle si le point primaire cède. D’autres nœuds, comme le nœud simple, conviennent aussi, et ce montage est à réserver à des ancrages fixes irréprochables.

Qu’est-ce qu’un système auxiliaire de relais ?

C’est un bout de corde noué d’environ 2 m de long, équipé de deux mousquetons à verrouillage de type B, que préconise un club alpin pour se relier au relais. Une fois installés, les mousquetons se retournent pour que la bague de verrouillage ne puisse pas s’ouvrir par vibration.

Le grimpeur peut-il se libérer du relais en cas de besoin ?

Cela dépend du montage. Un relais construit avec la ou les cordes d’attache ne demande pas de matériel supplémentaire, mais le grimpeur reste alors captif et ne peut pas s’en libérer pour réaliser une manœuvre de secours.

Quelle chute est la plus sévère pour le relais ?

Celle du leader. Les efforts sont d’autant plus élevés en début de longueur, quand il y a peu de corde, un facteur de chute élevé et peu de frottement dans les dégaines. À l’inverse, avec un assurage du second sans boucle de mou, une chute ne génère quasiment pas de force de choc.

Sources

Sources consultées le 23 octobre 2026, présentées sans liens cliquables.

  • Petzl, « Nœuds », conseils techniques, rubriques cabestan, demi-cabestan et nœuds autobloquants. https://www.petzl.com/ca/fr/sport/conseils-techniques/les-basiques/noeuds/Noeuds_SPO_a77w0000000GnbmAAC.html
  • Petzl, « Construction du relais et assurage en grande voie équipée », conseils techniques. https://www.petzl.com/ca/fr/sport/conseils-techniques/les-basiques/construction-du-relais-et-assurage-en-grande-voie-equipee/Relais-grande-voie_SPO_a77Tx000000E3MEIA0.html
  • Petzl, « Force de choc et facteur de chute, théorie », conseils techniques. https://www.petzl.com/ca/fr/sport/conseils-techniques/les-basiques/force-de-choc-et-facteur-de-chute---theorie/CORDES-chute-theorie_SPO_a77w0000000KywUAAS.html
  • Ortovox, « Nœuds : les nœuds importants en alpinisme », Safety Academy Lab Rock. https://www.ortovox.com/fr/safety-academy-lab-rock/chapitre-3-connaissances-en-escalade-et-techniques-dassurage/les-noeuds
  • Club alpin français Étoile Balgentienne (FFCAM), « Les Nœuds ». https://etoile-balgentienne.ffcam.fr/noeuds.html
  • Club alpin français du Coudon (FFCAM), « Harmonisation des pratiques », version 3 du 9 novembre 2019. https://clubalpin-coudon.ffcam.fr/csx/scripts/downloader2.php?filename=T004/fichier/2b/d4/5ihyw95tu9db&mime=application/pdf&originalname=Harmonisation_des_pratiques_-_V3_9112019.pdf
  • Fédération française de la montagne et de l’escalade (FFME), « Les règles de sécurité en escalade de bloc, de difficulté et de vitesse », révisées le 20 septembre 2025. https://www.ffme.fr/wp-content/uploads/2025/09/2025-Regles-Securite-finale.pdf

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